Diabète et Complications

 

Dossier de Presse

 

 

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Christiane Veiniere, chargée des relations presse et publiques

Tél. : 01 40 09 68 57 / c.veiniere@afd.asso.fr

  LES CAUSES ET LA NATURE DES COMPLICATIONS

  Petit rappel : le diabète se défi nit comme une hyperglycémie chronique, c’est à dire un taux de

sucre (glucose) dans le sang trop élevé. En modifiant l’équilibre glycémique, le diabète entraîne

à long terme une altération des  nerfs  et des  vaisseaux  qui sont présents dans tout le corps

humain. Les petits et grands vaisseaux sanguins permettent au sang de circuler et d’irriguer

tout le corps jusqu’aux organes. Les nerfs transmettent les messages moteurs du système

nerveux central vers les organes, et inversement, les messages sensitifs et sensoriels des organes

vers le système nerveux central. Ce sont eux qui communiquent au cerveau les informations

perçues par nos sens (douleur, chaud, froid, etc.) et qui permettent à l’organisme d’appréhender

tous les évènements extérieurs.

Les hyperglycémies (augmentation et forte concentration de glucose dans le sang) répétées et

prolongées provoquent une altération des nerfs et des vaisseaux et, par voie de conséquence,

une altération de certaines cellules de l’organisme, avec des répercutions sur plusieurs organes :

nerfs, cœur, yeux, pieds, dents, reins, mains, etc.

 

C’est pourquoi, on parle de :

macroangiopathie  touchant les gros vaisseaux (cœur, cer veau, jambes)

microangiopathie  touchant les petits vaisseaux avec: la rétinopathie diabétique 

 (atteinte des yeux et de la rétine), la néphropathie  (atteinte des reins),

                      neuropathie diabétique (atteinte des nerfs), et de toute une série de pathologies

(peau, complications infectieuses…)

 Ce sont les complications du diabète.

 Si en France on ne meurt qu’exceptionnellement des complications aigües du diabète (coma),

en revanche, on peut mourir des complications chroniques du diabète ou subir de graves

traumatismes (cécité, amputation...).

Sur 2 500 000 diabétiques recensés (on estime qu’il y a aussi 500 000 diabétiques non diagnos-

tiqués, soit un total de près de 3 millions de diabétiques), on compte plus de 30 000 amputés,

35 000 aveugles et 300 000 infarctus. Des chiffres que l’on aimerait voir diminuer.

 Car des solutions existent...

 LES TÉMOIGNAGES : LE VÉCU DES COMPLICATIONS

 

1) La neuropathie

           Je suis diabétique insulino-dépendant depuis l’âge de 25 ans. Aujourd’hui, j’ai presque 50 ans. 

                 En décembre 2004, juste après les fêtes de Noël, j’ai été amputé. Je m’en souviens bien.

Ma neuropathie a été détectée au dernier moment. Il était bien trop tard.

Je faisais du sport. Je travaillais énormément. J’allais de réunion en réunion.

Je marchais beaucoup. Il n’y avait pas de soucis. Tout d’un coup, du jour au lendemain, mon pied s’est

mis à gonfler comme un fruit mûr. À gonfler au point d’éclater. J’ai essayé de le soigner avec les

 moyens du bord. J’ai fait un pansement. Les plaies s’ouvraient, se fermaient. Ça ne guérissait pas. J’ai

été négligent. J’ai laissé passer des mois. Mon pied gon  ait. J’ai changé plusieurs fois de chaussures,

en prenant des tailles supérieures. Un jour, j’ai senti que ça ne pouvait plus durer. Mon

généraliste ne pouvait pas me recevoir rapidement. Je ne pouvais pas attendre. J’ai été à l’hôpital

St Louis. Les médecins m’ont diagnostiqué une ostéite. Il fallait sectionner pour éviter que la jambe

ne se gangrène.

Ils m’ont coupé tous les doigts du pied droit. Le médecin avait parlé d’un doigt ou deux, mais, en

fin de compte, pour éviter que je repasse sur le billard, quand je me suis réveillé, il les avait tous faits.

Après l’opération, j’ai eu un coup de massue, mais, bon, il faut faire avec. Dans mon malheur, j’ai eu

de la chance. J’aurais encore attendu un peu plus, ils étaient obligés de couper plus haut et là, c’était

la chaise roulante. L’essentiel pour moi était de pouvoir remarcher et l’amputation que j’avais subie

me permettait de marcher. Après l’hôpital, je suis allé en rééducation, dans l’Aisne. C’était loin de tout.

Il n’y avait rien. Pas de visite. J’étais esseulé. J’appelais l’endroit Alcatraz…. Mais j’ai été accompagné

par une équipe du tonnerre. J’y suis resté un an et demi avant d’être libéré.

Quand j’ai recommencé à marcher, je m’aidais d’une canne anglaise. Je n’ai jamais voulu de béquille.

Je porte des chaussures orthopédiques avec des semelles adaptées. Il faut graisser le pied avant de mettre

les chaussures, afin d’empêcher que le cuir frotte sur la plaie. Plus il y a de frottement, plus se créé de

la corne. Et la corne en durcissant peut causer un mal perforant, dangereux pour les diabétiques.

Depuis mon opération je suis suivi de très près à St Louis. J’y vais toutes les 6 semaines et à chaque bobo.

Je sais que ma neuropathie m’est arrivée parce que j’ai fait l’école buissonnière avec mon diabète. Je ne

peux pas dire que je n’ai pas été alerté.

Depuis l’âge de 25 ans, je savais ce qui pouvait m’arriver.

Il faudrait s’astreindre à des régimes, alors on mange des haricots vapeur, mais avec le temps, on fait

des écarts. Quand on mange avec des collègues, quand on fait des déjeuners de famille, on ne mange

pas de haricots vapeur tandis que les autres se régalent, on mange des plats en sauce. Avec tout ce

qui m’est arrivé je ne vais pas, en plus, suivre un régime draconien. On est de passage sur Terre.

On ne peut pas vivre une vie monastique.

Je suis d’une famille de diabétiques. Mon père, ma mère l’étaient. Mon frère, ma sœur le sont. 

Nous nous serrons les coudes. Mais nous ne parlons pas trop de notre diabète, de notre santé, au reste de la famille.

On n’aime pas trop ça. Il ne faut pas pleurer sur son sort devant ses amis ou devant ses collègues, il faut faire

comme si de rien n’était. 

 J’ai recommencé à travailler, c’est primordial. Je n’ai pas demandé d’aménagement de poste, ni de carte

d’handicapé. Je ne me suis pas trop étendu au sujet de mon absence d’un an et demi. Dans le monde du

travail, si vous voulez être performant et rester sur la crête de la vague, il ne faut pas montrer le moindre

signe de faiblesse.

Je travaille à la préfecture de police, je préfère m’exprimer anonymement.

 2) Complications cardio-vasculaires

Mon diabète, un diabète de type 1’insulo dépendant, s’est déclaré en    1975. J’avais alors 35 ans.

18 ans plus tard, j’ai  découvert que j’avais d’importantes complications cardio-vasculaires.

Les électrocardiogrammes et les tests d’effort n’avaient rien décelé. À l’époque, je courais 20 à 30 kilomètres

par semaine, je faisais des semi marathons. Un jour, en 1993, durant un footing, j’ai eu mal à la mâchoire.

La douleur s’arrêtait lorsque je m’arrêtais. Elle reprenait, lorsque je me remettais à courir. Je suis rentré

chez moi. Je n’avais pas mal à la poitrine.

Je ne savais pas que la douleur à la mâchoire pouvait être un signe d’infarctus. Quelques jours plus tard,

j’ai recommencé à courir et j’ai ressenti les mêmes symptômes. J’ai été voir mon médecin qui m’a envoyé

chez le cardiologue qui m’a hospitalisé en urgence. Mon artère coronaire droite était obstruée.

J’avais fait un petit infarctus. On m’a dilaté l’artère en introduisant un ballonnet dedans. Six mois plus tard,

j’ai connu une récidive, ce qui est assez fréquent. On a dilaté à nouveau l’artère, afin de supprimer la

plaque d’artériosclérose. J’ai alors été tranquille jusqu’en 2004.

En 1993, lorsque le cardiologue a pratiqué une angioplastie, mon diabète était équilibré. J’étais passé à

quatre injections par jour. Les dégâts avaient été causés auparavant. Jusqu’à l’apparition des lecteurs de

glycémie au début des années 80, le suivi était très mal assuré.

Outre les tests urinaires qui ne réagissaient qu’au-dessus de 1,80 g, on n’effectuait qu’un seul contrôle

glycémique au laboratoire, par mois. Le reste du temps, on ne savait pas vraiment où l’on en était. Les

lecteurs de glycémie nous ont permis de devenir autonomes et de commencer à faire plus attention.

Il est vrai que je n’ai peut-être pas été toujours très rigoureux dans le suivi de mon diabète. Pourtant,

j’étais alors président de l’AFD. Je disais ce qu’il fallait faire, mais je ne faisais pas toujours ce qu’il fallait.

Il est très difficile de se montrer totalement rigoureux. Ou alors, on ne vit plus. Moi, je voulais vivre.

Aussi, de temps en temps, il est nécessaire de redresser la barre. Les diabétologues sont là pour ça.

Pour nous rappeler à l’ordre. Une hémoglobine glyquée à 7, un bon équilibre alimentaire et l’activité

physique sont les meilleures préventions des complications.

Les diabétiques peuvent faire des infarctus, sans ressentir de signes annonciateurs. Si je n’avais pas

eu une activité physique importante, j’aurais très bien pu faire un infarctus, sans m’en rendre compte

et, en mettant les choses au pire, y rester. Le généraliste qui me suivait était loin de se douter que j’avais

des complications cardiovasculaires, parce que, justement, j’étais très actif.

En 2004, j’ai de nouveau eu mal à la mâchoire. J’ai été hospitalisé en urgence et j’ai subi un triple pontage.

Malgré le diabète plus ou moins équilibré, malgré les remèdes, mes artères continuaient à se détériorer.

Depuis, ça va bien. Mais il y quand même des complications. En juillet, une scintigraphie myocardique

a permis de constater que les gros vaisseaux étaient dans un état correct mais que des artérioles peu

accessibles étaient en mauvais état. Elles me font mal, de temps en temps. Je prends de la trinitrine

avec un spray et ça se calme. Je suis condamné à vivre avec ça. Je porte également  un Stent. Cela dit,

je vis tout à fait normalement. Je fais du vélo. 2 heures de route, une à deux fois par semaine et puis,

je marche.

Hier, j’ai fait une randonnée de 13 kilomètres.

 3) La rétinopathie

J’ai été diagnostiqué diabétique de type 1, insulinodépendante, en novembre 1969.

J’avais 5 ans et demi. Ma rétinopathie a été détectée en 1992. Un an plus tard, j’avais perdu totalement perdu la vue.

Ma rétinopathie a été décelée avec un gros retard. Pour tant, j’étais suivie par un généraliste, un

diabétologue, un ophtalmologue. Disons que celui-ci n’a pas été assez vigilant… Mais,

ce n’est pas si simple. Ma cécité est le résultat, autant d’une certaine négligence médical,

que de moi-même, qui durant certaines des périodes, n’acceptais pas mon diabète, n’étais

pas une patiente très observant. Elle a été aussi consécutive à un moment de ma vie

où j’ai connu beaucoup de stress, beaucoup de changements professionnels…

Une conjonction d’éléments à laquelle s’est ajoutée une varicelle particulièrement virulente.

Le rôle exact de celle-ci restera toujours un grand mystère, mais je crois que, sur un terrain miné

comme ma rétine, elle a été le détonateur.

J’estime que les moyens n’ont pas été mis en œuvre pour prévenir cette catastrophe. L’ophtalmologue

qui me suivait n’a pas présumé l’importance du mal. Il m’a bombardé de laser et puis il m’a laissé

partir dans la nature. Puis, en février 93, on m’a trouvé une hypertension oculaire phénoménale :

40 à 50, alors que le maximum se situe autour de 16. Ensuite, tout s’est précipité. J’ai subi en urgence

une cryo-application, enfin j’ai été envoyée chez un spécialiste à Lyon qui a réussi à stopper l’hyper-tension.

Mais c’était trop tard.

À l’époque, je travaillais dans une officine pharmaceutique. Je constatais bien que ma vue baissait.

Mais, en même temps, je travaillais beaucoup, faisais des projets. Je n’avais pas, moi non plus,

conscience de la gravité de la situation. Je connaissais les diverses complications liées au diabète,

mais sans entrer dans le détail de leurs conséquences. Etc

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